La Fondation Pierre Lafue
fête ses 50 ans
En novembre 1976, Yolande Lafue créait la Fondation Pierre Lafue, en l’honneur de son mari, écrivain et essayiste (1895-1975).
Tournée vers les autres, Yolande Lafue accueillait dans le foyer auquel elle avait donné son nom (Yolande Lafue – d’Argence), de nombreuses jeunes filles venues à Paris suivre des études supérieures.
La Fondation lui a permis de créer le prix Pierre-Lafue, qui récompense chaque année depuis 1977 l’auteur d’un ouvrage historique important.
Aujourd’hui, son œuvre se perpétue sous des formes nouvelles, depuis sa mort en 2011 et la fermeture du foyer en 2019. Mais toujours dans le même esprit d’ouverture, de tolérance et d’intégration.
En 2026, pour les cinquante ans de cette création, nous rendons hommage à Pierre et Yolande Lafue, et à la Fondation Pierre Lafue.
Cette célébration, qui débutera avec la remise du cinquantième prix Pierre Lafue en juin 2026, sera l’occasion de plusieurs événements jusqu’en juin 2027.
Nous souhaitons vous associer à cette année en vous invitant à y participer. Le calendrier vous sera révélé dans les meilleurs délais, et vous réservera des surprises.
Bonne année jubilaire à La Fondation Pierre Lafue !
Les Administrateurs et le Président de la Fondation Pierre Lafue
Notre mission
La Fondation Pierre Lafue agit pour faciliter la transmission de l’Histoire sous toutes ses formes, pour tous les publics, dont les jeunes.
Accélérateur de projets, la Fondation œuvre au développement de la culture historique et de l’esprit critique en soutenant les acteurs de terrain pour :
- Éduquer et former à la discipline historique
- Explorer des champs de l’Histoire novateurs
- Développer des initiatives autour de l’Histoire
Opérateur engagé, la Fondation s’implique dans la diffusion de l’Histoire en offrant :
- Des outils de réflexion et d’analyse sur la place et le rôle de l’Histoire
- Des expertises d’historiens
- Des espaces de débats et d’échanges
Notre vision
L’Histoire est porteuse d’enseignement et de dynamisme. Valeur durable, énergie renouvelable, l’Histoire permet au citoyen de penser le présent et le futur. L’apprentissage et le partage sont au cœur de la vocation de la Fondation Pierre Lafue.
Nos valeurs
L’Humanisme
L’humanisme est au centre de la démarche de la Fondation Pierre Lafue « comme reconnaissance progressive de la dignité humaine, entendue comme diversité et irréductibilité des êtres humains et de leurs cultures. », selon la formule de la juriste Mireille Delmas-Marty.
La Curiosité
La curiosité aiguise notre regard sur le monde. La Fondation Pierre Lafue exerce une attention bienveillante et exigeante afin d’encourager les initiatives remarquables dans le domaine de l’histoire.
Le Partage
Notre démarche se veut altruiste, ce qui signifie un investissement plein et entier dans la construction de projets pour apporter un bénéfice à autrui : accompagner tout au long de la démarche, faire en sorte que les bénéfices des actions que nous initions ou que nous soutenons soient compris et partagés.
L’Indépendance d’esprit
L’indépendance d’esprit naît de l’acquisition des connaissances et se nourrit de la distance critique et du débat. Apprendre à penser et à agir dans la complexité du monde contemporain, sans dépendre d’un système de pensée revient à construire le libre-arbitre. La démarche de la Fondation Pierre Lafue se veut universelle, apolitique et ne servant aucun intérêt particulier.
Les membres de la Fondation encadrés par les lauréats du Prix Pierre Lafue et du Petit Lafue 2024.
Au centre, Aïcha Limbada, lauréate du 48e Prix Pierre Lafue.
Derrière elle, de gauche à droite : Françoise Bernard, Thierry Schwarzmann, Fabienne Moureau-Lévy, Alexandre Dupilet, Antoine Hinfray, et Nicolas Ivanoff.
L’équipe
Nicolas IVANOFF
Président
Fabienne MOUREAU-LÉVY
Vice-Présidente
Françoise BERNARD
Trésorière
Alexandre DUPILET, Administrateur
Mathieu STOLL, Administrateur
Catherine VOLPILHAC-AUGER, Administratrice
Véronique BONIOL, Responsable communication
Les origines
En 1976, Yolande d’Argence-Lafue décide de créer une Fondation pour perpétuer le nom et l’œuvre de son mari. Yolande Lafue en devient la Présidente fondatrice.
À partir de 1977, la Fondation Pierre Lafue va donc décerner chaque année un prix littéraire et des bourses à des étudiants. En 1994, Pierre
Messmer, ancien Premier ministre devient vice-président de la Fondation, place qu’il occupera jusqu’à sa disparition en 2007.
La Fondatrice confiera alors cette responsabilité à Pascal Thuillier.
Pierre Lafue, un homme, une époque
Pierre Lafue (1895-1975), homme de lettres, historien, journaliste, naquit dans une famille de notables de la Lozère. Passionné très tôt par l’Europe centrale et orientale, il embrassa d’abord la carrière de professeur d’allemand, qu’il commença à enseigner dès 1917 dans l’Allier. Réformé pendant la Grande Guerre, il effectua plusieurs voyages en Europe orientale et commença une brillante carrière de journaliste dans la presse conservatrice : chroniqueur régulier dans la Revue universelle et la Revue hebdomadaire, auteur d’interviews retentissantes (Lénine, Mussolini, Hitler…) il fréquentait le tout-Paris intellectuel et politique, et fut tenté par l’action politique. D’abord candidat aux élections législatives de 1932, il entra dans le cabinet de Georges Mandel (1934-1940), tout en continuant d’enseigner à Paris où il avait été nommé au lycée Jean-Baptiste Say.
Dès 1925, il avait commencé à publier des ouvrages d’histoire de l’Allemagne, sur laquelle il devait faire autorité, ainsi que plusieurs romans en partie autobiographiques.
Pendant l’Occupation, il continua d’enseigner, avant de quitter Paris au début de 1943. Réfugié dans l’Allier ou en Corrèze chez son frère (résistant et futur juste entre les Nations), il publia des ouvrages sur l’histoire de France, tout en étant le témoin des derniers mois de Vichy.
Après la guerre, il abandonna l’enseignement, la politique et le journalisme pour se consacrer essentiellement à l’écriture historique : monographies sur les grands personnages de l’histoire de France, tableaux de l’histoire germanique, et même feuilletons radiophoniques dont il fut un précurseur.
Marié deux fois pendant l’entre-deux-guerres, il avait eu plusieurs liaisons (notamment avec la jeune Marguerite Duras) avant de rencontrer en 1958 Yolande d’Argence, une Italienne de vingt ans sa cadette, qui allait devenir son épouse, et créer plus tard la fondation qui porte son nom.
Frédéric II
Hachette, 1932
Louis XVI
Hachette, 1941
L'assassinat du duc de Guise
Éditions Colbert, 1942
Desmaret, policier de l'Empereur
Éditions Colbert, 1943
Louis XVIII
Les Éditions de France, 1944
Le Père Joseph
Hachette, 1946
Sainte Thérèse d'Avila
Les Éditions de la Nouvelle France, 1946
Henri III et son secret
Hachette, 1949
Histoire de l'Allemagne
Flammarion, 1950
Marie-Thérèse, Impératrice et Reine
Flammarion, 1957
Louis XV
Hachette, 1952
Histoire du Peuple Français
Nouvelle Librairie de France, 1952
Rohan contre le Roi
Le Livre contemporain, 1959
La Tragédie de Marie-Antoinette
Éditions Mondiales, 1965
Et une vingtaine d'autres ouvrages...
La voleuseLes Éditions de France, 1938
La PlongéeGallimard, 1941
L’Arbre qui avait pris feuGallimard, 1943
Patrice ou l’été du siècleGallimard 4 volumes, 1954
Le Village aux trois pontsSociété des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère
La vie quotidienne des cours allemandes au XVIIIe siècleHachette, 1963
La France perdue et retrouvéePlon
Lénine ou le mouvementÉditions Prométhée, 1930
Le Prêtre ancien et les commencements du nouveau prêtrePlon 1967
Philippe II ou la tyrannie de Dieu
Charles Quint ou la puissance impossible
Marie Stuart change de maître1961
Autobiographie, journal :Pris sur le vif, Les Éditions Mondiales, 1979
Œuvre à paraître :Journal d’un Homme et d’une époque
En projet :Histoire de la jeunesse
Traductions des œuvres de Pierre Lafue :En Italien, en Espagnol et en Allemand
Yolande d’Argence Lafue
Fondatrice de la Fondation Pierre Lafue
Née en 1918 à Milan, Yolanda d’Argence appartient par son père à la famille française des marquis d’Argence, et par sa mère à la famille italienne des comtes di Carlo. Toute jeune, elle perd ses parents et se retrouve seule avec sa sœur et son frère. A la veille de la deuxième guerre mondiale, elle décide de quitter l’Italie pour venir à Paris. Elle est accueillie dans la famille d’un prêtre du diocèse de Paris, l’abbé Albert Malmanche. Ce dernier restera son confident et son ami jusqu’à son décès en 1990.
La guerre terminée, elle suit le cours normal d’enseignement ménager de la Ville de Paris. Elle inaugure de nouvelles méthodes d’enseignement pour la formation de jeunes en difficulté et reçoit les Palmes académiques. En 1963, elle reprend bénévolement la direction du Foyer des Étudiantes du Cherche-Midi, où elle avait elle-même résidé lorsqu’elle était étudiante.
En 1964 elle épouse Pierre Lafue. Tous deux voyagent beaucoup et reçoivent dans leur salon littéraire de nombreuses personnalités, tels qu’Henri Clouard, Henri Massis, Georges Day, Francis Ambrière, André Lang, Paul Gordeau, Jean Marin, Louis Joxe, Adrien Dansette, Jean Fourastié. La mort accidentelle de Pierre Lafue en 1975 vient mettre un terme brutal à ces années de bonheur.
Yolande d’Argence Lafue décède le 19 février 2011.