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Née le 3 mars 1918 au Consulat de France à
Milan, Yolanda d'Argence appartient, par son père, diplomate, à la
famille française des marquis d'Argence, par sa mère, à la
famille italienne des comtes di Carlo.
Toute jeune, elle perd son père, puis sa mère,
et se retrouve seule avec sa sœur Paola et son frère Rodolphe.
A la veille de la deuxième guerre mondiale, son
désir d'être française lui fait abandonner l'Italie et les siens
pour venir à Paris. Elle est accueillie dans la famille d'un
prêtre du diocèse de Paris, l'abbé Albert Malmanche. Ce dernier
restera son confident et son ami jusqu'à son décès en 1990.
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La guerre terminée, elle entre à la Faculté de
droit à Paris, mais bientôt attirée par l'enseignement ménager,
elle suit le cours normal de la ville de Paris. Elle sort première
du concours de professorat.
Elle se spécialise dans la formation de jeunes
en difficulté et inaugure de nouvelles méthodes d'enseignement.
Les Palmes académiques viennent couronner ses efforts et consacrer
son succès.
A partir de 1963, elle reprend bénévolement la
direction du Foyer des Étudiantes du Cherche-Midi, foyer où elle
avait elle-même résidé lorsqu'elle était étudiante.
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Durant cette période elle rencontre l'écrivain-historien
Pierre Lafue qu'elle épouse en 1964. Tous deux voyagent beaucoup et
reçoivent dans un petit salon littéraire de nombreuses
personnalités de l'époque, des amis de Pierre, tels qu'Henri
Clouard, Henri Massis, Georges Day, Francis Ambrière, André Lang,
Paul Gordeau, Jean Marin, Louis Joxe, Adrien Dansette, Jean
Fourastié et bien d'autres.
La mort accidentelle de Pierre Lafue le 8 août
1975 vient mettre un terme brutal à ces années de bonheur.
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En 1976, Yolande d'ARGENCE LAFUE décide de
créer une Fondation pour perpétuer le nom et l'œuvre de son mari.
Elle en devient donc la Présidente fondatrice. A partir de 1977, la
Fondation Pierre Lafue va donc décerner chaque année un prix
littéraire et des bourses à des étudiants.
Yolanda d'Argence Lafue a écrit ses mémoires
jusqu'à cette époque dans un livre émouvant intitulé " La
Maledetta ", disponible auprès de la Fondation.
En 1994, Pierre Messmer, ancien Premier ministre
devient vice-président de la Fondation, place qu'il occupera
jusqu'à sa disparition en 2007. La Fondatrice confiera alors cette
responsabilité à un prêtre du diocèse de Paris, l'abbé Pascal
Thuillier, alors chapelain au Sacré-Cœur.
Le 19 février 2011, après plusieurs mois
d'hospitalisation, Yolande d'Argence Lafue s'éteint entourée de sa
proche famille. Ses obsèques sont célébrées le 23 février à
l'église Saint Sulpice à Paris par Mgr Francesco Follo,
observateur permanent du Saint Siège auprès de l'UNESCO, lui-même
lauréat du prix de la Fondation en 2007. Elle repose auprès de
Pierre au cimetière du Montparnasse.
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Voici quelques mots prononcés par l'abbé
Thuillier au début de la célébration des obsèques à Saint
Sulpice.
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Car la grande affaire de sa vie, ce fut d'aimer. Combien de
fois ne l'avons-nous pas entendue nous le dire avec la
spontanéité, l'élan et la force qui la caractérisaient. Mais
attention, elle observait beaucoup, elle scrutait avec une acuité
redoutable la sincérité et la vérité de ses amitiés.
Depuis l'arrivée de cette petite italienne
orpheline à Paris pendant la 2ème guerre, avec dans ses poches un
mouchoir et un chapelet, jusqu'à ce samedi 19 février 2011 où
elle nous a quittés, que d'événements traversés, quelle force
d'âme déployée dans sa frêle silhouette, que d'amours
prodiguées pour compenser ce que les malheurs familiaux de sa
jeunesse lui avaient en quelque sorte dérobé.
Nous prions aujourd'hui pour que Yolande entre
et repose dans la paix de Dieu, pour qu'elle retrouve ceux qu'elle a
infiniment aimés son mari Pierre Lafue, ses parents, son frère
Rodolphe, ses sœurs Paula et Yolande, l'abbé Albert Malmanche,
l'ami et le confident pendant plus de 50 ans ; et puis aussi tous
ceux qui ont fait partie de son salon littéraire, de la Fondation
qu'elle a érigée à la mémoire de son mari et tous ceux qui ont
croisé son chemin.
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" Il est des personnalités qui semblent
presque transcender le temps. Yolande d'Argence Lafue autour de qui
nous nous réunissons ce matin était de ces personnalités, de ces
fortes personnalités qui marquent définitivement nos existences
lorsque nous avons eu la chance, la joie, la grâce de croiser leur
chemin.
Il est impossible de résumer la longue vie de
Yolande tant elle a été riche. Et d'ailleurs, en ce jour où nous
sommes rassemblés une dernière fois avec elle, je ne me risquerai
pas à le faire parce que nous sommes d'abord là pour prier à son
intention, ainsi qu'à l'intention de sa famille, de ses amis, et
vous êtes ses amis puisque vous êtes là ce matin, vous l'avez
respectée, vous l'avez admirée, vous l'avez aimée et elle vous a
aimés.
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Ayant rencontré Yolande à de nombreuses
reprises durant ces dernières années, je suis certain de me faire
son écho en vous remerciant tous, chers amis, vous qui l'avez en
particulier soutenue durant les 9 mois de son hospitalisation. La
dégradation de son état de santé et la dépendance attenante ont
été pour elle un long chemin de croix. Beaucoup parmi vous en ont
été les témoins. Sachez que vos visites et vos appels l'ont
aidée à ne pas céder au découragement.
Je conclus. La meilleure manière de rester
fidèles à ce que Yolande nous a légué, et à la faire vivre dans
nos mémoires et dans nos cœurs, c'est de continuer à porter et
développer, et le Foyer et la Fondation Pierre Lafue pour lesquels
elle tant donné. C'est ce à quoi nous allons dorénavant nous
employer avec la grâce de Dieu et de vos encouragements. Nous
aurons l'occasion de rendre hommage à Yolande au cours du prochain
prix de sa Fondation. " |
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