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Yolande d'ARGENCE LAFUE 1918-2011

 
            

Née le 3 mars 1918 au Consulat de France à Milan, Yolanda d'Argence appartient, par son père, diplomate, à la famille française des marquis d'Argence, par sa mère, à la famille italienne des comtes di Carlo.

Toute jeune, elle perd son père, puis sa mère, et se retrouve seule avec sa sœur Paola et son frère Rodolphe.

A la veille de la deuxième guerre mondiale, son désir d'être française lui fait abandonner l'Italie et les siens pour venir à Paris. Elle est accueillie dans la famille d'un prêtre du diocèse de Paris, l'abbé Albert Malmanche. Ce dernier restera son confident et son ami jusqu'à son décès en 1990.

La guerre terminée, elle entre à la Faculté de droit à Paris, mais bientôt attirée par l'enseignement ménager, elle suit le cours normal de la ville de Paris. Elle sort première du concours de professorat.

Elle se spécialise dans la formation de jeunes en difficulté et inaugure de nouvelles méthodes d'enseignement. Les Palmes académiques viennent couronner ses efforts et consacrer son succès.

A partir de 1963, elle reprend bénévolement la direction du Foyer des Étudiantes du Cherche-Midi, foyer où elle avait elle-même résidé lorsqu'elle était étudiante.

Durant cette période elle rencontre l'écrivain-historien Pierre Lafue qu'elle épouse en 1964. Tous deux voyagent beaucoup et reçoivent dans un petit salon littéraire de nombreuses personnalités de l'époque, des amis de Pierre, tels qu'Henri Clouard, Henri Massis, Georges Day, Francis Ambrière, André Lang, Paul Gordeau, Jean Marin, Louis Joxe, Adrien Dansette, Jean Fourastié et bien d'autres.

La mort accidentelle de Pierre Lafue le 8 août 1975 vient mettre un terme brutal à ces années de bonheur.


En 1976, Yolande d'ARGENCE LAFUE décide de créer une Fondation pour perpétuer le nom et l'œuvre de son mari. Elle en devient donc la Présidente fondatrice. A partir de 1977, la Fondation Pierre Lafue va donc décerner chaque année un prix littéraire et des bourses à des étudiants.

Yolanda d'Argence Lafue a écrit ses mémoires jusqu'à cette époque dans un livre émouvant intitulé " La Maledetta ", disponible auprès de la Fondation.

En 1994, Pierre Messmer, ancien Premier ministre devient vice-président de la Fondation, place qu'il occupera jusqu'à sa disparition en 2007. La Fondatrice confiera alors cette responsabilité à un prêtre du diocèse de Paris, l'abbé Pascal Thuillier, alors chapelain au Sacré-Cœur.

Le 19 février 2011, après plusieurs mois d'hospitalisation, Yolande d'Argence Lafue s'éteint entourée de sa proche famille. Ses obsèques sont célébrées le 23 février à l'église Saint Sulpice à Paris par Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint Siège auprès de l'UNESCO, lui-même lauréat du prix de la Fondation en 2007. Elle repose auprès de Pierre au cimetière du Montparnasse.

 

 

Voici quelques mots prononcés par l'abbé Thuillier au début de la célébration des obsèques à Saint Sulpice.

 
 

 

Car la grande affaire de sa vie, ce fut d'aimer. Combien de fois ne l'avons-nous pas entendue nous le dire avec la spontanéité, l'élan et la force qui la caractérisaient. Mais attention, elle observait beaucoup, elle scrutait avec une acuité redoutable la sincérité et la vérité de ses amitiés.

Depuis l'arrivée de cette petite italienne orpheline à Paris pendant la 2ème guerre, avec dans ses poches un mouchoir et un chapelet, jusqu'à ce samedi 19 février 2011 où elle nous a quittés, que d'événements traversés, quelle force d'âme déployée dans sa frêle silhouette, que d'amours prodiguées pour compenser ce que les malheurs familiaux de sa jeunesse lui avaient en quelque sorte dérobé.

Nous prions aujourd'hui pour que Yolande entre et repose dans la paix de Dieu, pour qu'elle retrouve ceux qu'elle a infiniment aimés son mari Pierre Lafue, ses parents, son frère Rodolphe, ses sœurs Paula et Yolande, l'abbé Albert Malmanche, l'ami et le confident pendant plus de 50 ans ; et puis aussi tous ceux qui ont fait partie de son salon littéraire, de la Fondation qu'elle a érigée à la mémoire de son mari et tous ceux qui ont croisé son chemin.

" Il est des personnalités qui semblent presque transcender le temps. Yolande d'Argence Lafue autour de qui nous nous réunissons ce matin était de ces personnalités, de ces fortes personnalités qui marquent définitivement nos existences lorsque nous avons eu la chance, la joie, la grâce de croiser leur chemin.

Il est impossible de résumer la longue vie de Yolande tant elle a été riche. Et d'ailleurs, en ce jour où nous sommes rassemblés une dernière fois avec elle, je ne me risquerai pas à le faire parce que nous sommes d'abord là pour prier à son intention, ainsi qu'à l'intention de sa famille, de ses amis, et vous êtes ses amis puisque vous êtes là ce matin, vous l'avez respectée, vous l'avez admirée, vous l'avez aimée et elle vous a aimés. 

Ayant rencontré Yolande à de nombreuses reprises durant ces dernières années, je suis certain de me faire son écho en vous remerciant tous, chers amis, vous qui l'avez en particulier soutenue durant les 9 mois de son hospitalisation. La dégradation de son état de santé et la dépendance attenante ont été pour elle un long chemin de croix. Beaucoup parmi vous en ont été les témoins. Sachez que vos visites et vos appels l'ont aidée à ne pas céder au découragement.

Je conclus. La meilleure manière de rester fidèles à ce que Yolande nous a légué, et à la faire vivre dans nos mémoires et dans nos cœurs, c'est de continuer à porter et développer, et le Foyer et la Fondation Pierre Lafue pour lesquels elle tant donné. C'est ce à quoi nous allons dorénavant nous employer avec la grâce de Dieu et de vos encouragements. Nous aurons l'occasion de rendre hommage à Yolande au cours du prochain prix de sa Fondation. "